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TECHNOLOGIES TRADITIONNELLES DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES TERRES DANS LE SAHEL BURKINABE

Introduction

Dans le Sahel Burkinabè, la lutte contre la désertification s’observe à travers plusieurs actions traditionnelles de gestion des ressources naturelles, en particulier de conservation des eaux et des sols. Ces actions visent à prévenir ou à remédier à la dégradation des terres et au maintien de la diversité biologique. Elles peuvent être utilisées seules ou en combinaison les unes des autres. L’inventaire des techniques traditionnelles visent à mieux les connaître afin d’envisager leur amélioration et par la suite une large diffusion. Ces méthodes améliorées issues des connaissances endogènes pourront être plus facilement adoptées par les populations.

I. Les dépôts de branchages

Des branchages d’épineux, de palmier doum (Hyphaene thebaïca) sont étalés sur les parties dégradées dans les champs en vue de les restaurer. Ce dispositif permet d’une part de maintenir les éléments meubles du sol en place (lutte contre la remobilisation des sables), et d’autre part de piéger les matériaux éoliens, ce qui permet de reconstituer une couche arable sur des sols à horizon supérieur partiellement ou complètement décapé. C’est un procédé utilisé pour récupérer les zipellé (terrain dénudé).

II. Le paillage

Le paillage est utilisé aux endroits où le champ du paysan évolue vers unclairière. La vieille paille des concessions (cases), l’herbe fauchée, les tiges de mil, de Cassia tora, constituent le matériau de paillage. La technologie vise à réduire l’érosion éolienne, à annuler l’effet splash des gouttes de pluie, à capter les aérosols (particules contenus dans les vents), à relancer l’activité de la faune du sol, à protéger contre l’ensoleillement, à retenir l’humidité plus longtemps. En outre, la décomposition du matériau procure des éléments minéraux au sol. La contrainte est la disponibilité des pailles.

III. La fumure organique

Les déjections d’animaux, les ordures ménagères, les glumes de mil, sont répandues dans les champs à l’état brut pour servir de fumure. Cette fumure non enfoui permettrait de lutter contre l’effet splash des gouttes de pluies, de stabiliser.

lV. Le zaï

La méthode consiste à creuser des microcuvettes (zaï) pendant la saison sèche (de novembre à mai). En général, les trous de zaï ont un diamètre de 20-30 cm et une profondeur de 10-15 cm. Les paysans y mettent une poignée de fumure organique. Cette fumure attire des termites qui creusent des galeries et facilitent ainsi l’infiltration profonde des eaux de pluies et de ruissellement. Les termites transportent aussi des éléments nutritifs des couches profondes vers les horizons supérieurs et inversement. Le zaï permet la réintroduction de la faune du sol (termites, etc.) et favorisent ainsi l’amélioration de la structure des sols.

V. Les cordons pierreux

Les diguettes en pierres sont une technique traditionnelle de lutte contre la dégradation des terres par l’érosion hydrique. Elle vise à freiner la vitesse des eaux de ruissellement qui s’écoulent en « nappe » à la surface du sol, à assurer l’infiltration d’une plus grande quantité d’eau dans le sol pour une alimentation additionnelle des plantes, à reconstituer les terres dégradées. L’alignement traditionnel des pierres ne suit pas les courbes de niveaux.
Cette technologie demande beaucoup de travail et des moyens de transport appropriés.

Vl. Les haies vives

Les haies vives sont traditionnellement utilisées pour délimiter les champs ou les jardins. La technologie est pratiquée au Yatenga et au Séno où les principales espèces utilisées sont Euphorbia balsamifera, Jatropha gossipifolia. Elles contribuent aussi à la conservation et à la restauration des sols en ralentissant le ruissellement des eaux de pluie et en réduisant l’érosion.

Vll. Le traitement des rigoles et des ravines

Les paysans procèdent au repiquage de souches de Andropogon gayanus, à la plantation de Jatropha gossipifolia ou Euphorbia balsamifera et parfois au semis ou à la plantation de Ipomoea asarifolia pour lutter contre le développement des rigoles. Au cas où une ravine serait déjà installée, des troncs d’arbres, des branches d’épineux, des tiges de sorgho ou de mil souvent soutenus par des piquets ou de grosses pierres sont utilisés pour freiner l’écoulement de l’eau.
Certaines espèces comme Andropogon gayanus très utilisées par les populations sont en voie de disparition. Pour remédier à cela, les paysans cultivent dans leurs champs ces espèces pour les préserver et pour les utiliser.

CONCLUSION

Les méthodes utilisées par les paysans sont multiples et varient en fonction des types de sols. Ces méthodes tiennent compte des contraintes et des conditions socio-économiques et culturelles des différentes zones. L’extension et l’utilisation des techniques traditionnelles de conservation des eaux et des sols reflètent l’effort des producteurs pour résoudre non seulement le problème désertification mais également celui de la dégradation de la fertilité du sol. De ces différentes techniques, les cordons pierreux, le zaï le paillage ont reçu un engouement de la part des producteurs. Les effets immédiats de ces techniques sur les rendements des cultures expliquent la motivation des producteurs.